Migrants à Paris : «On nous change constamment de lieu d’hébergement»

Sala Sall, article publié sur Libération.fr

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Avec une demande qui a fortement augmenté, la Coordination de l’accueil des familles demandeuses d’asile s’occupe de leur trouver des chambres d’hôtel, faute de logements fixes.

La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars) a publié lundi son rapport annuel sur le service d’hébergement d’urgence du 115 (1). Et sans surprise, les appels de familles sans domicile fixe ont fortement augmenté : + 16 % en 2014, laissant souvent le service sans solution pour les loger. A la Coordination de l’accueil des familles demandeuses d’asile (Cafda) parisienne, les familles sont nombreuses à se lever aux aurores pour espérer dormir à l’abri les prochaines nuits.

«Bonjour, toutes les lignes de votre correspondant sont actuellement occupées, merci de rappeler ultérieurement.» C’est le message qui tourne en boucle presque tout le temps lorsqu’on appelle le 115. En 2014, une étude menée par la Fnars dans 37 départements montrait que 97 600 personnes avaient sollicité le service d’urgence dans ces zones, et que près de la moitié d’entre elles n’avait pu obtenir d’hébergement. En constante augmentation, ce chiffre est d’autant plus inquiétant que 39 % des appels concernent des familles avec enfants.

Assise sur un trottoir de la rue Planchat (XXe arrondissement de Paris), Daya (2) et ses deux filles de 9 et 10 ans sont encore somnolentes. Elles ont passé une nuit difficile. Il est à peine 8 heures, ce mardi matin, et elles sont déjà devant les grilles rouges de la Cafda. L’agence accueille les familles migrantes qui demandent l’asile et les accompagne dans leurs démarches. La première de ses missions est souvent de leur trouver un logement d’urgence via le 115, la plateforme du Samu social. Ce dernier, faute de places d’accueil suffisantes, les envoie régulièrement à l’hôtel pour éviter qu’elles dorment dehors. Certaines personnes se voient ainsi ballottées d’hôtels en hôtels pendant de longs mois, voire des années.

«J’ai traversé beaucoup de pays»

Daya fait partie de ces personnes. En France, avec ses filles depuis le début de l’année, elle a connu près d’une dizaine d’hôtels. Après avoir passé une quinzaine de jours dans le dernier établissement où elle logeait, l’hôtel lui a signifié que son délai d’hébergement temporaire avait expiré et qu’elle devait quitter les lieux ce lundi matin. De nouveau à la rue, la petite famille s’est rendue au centre de la Cafda afin de demander une nouvelle place d’hôtel au 115. Elle n’a obtenu que tard dans la soirée une place dans un hôtel en banlieue parisienne… lequel n’était visiblement pas au courant de leur venue. Esseulées, c’est finalement une amie qui a bien voulu les héberger en pleine nuit pour une poignée d’heures. De quoi se reposer un peu avant de retourner le lendemain refaire une demande au 115.

Coiffée d’un mouchoir de tête bleu clair, les traits tirés, le regard sombre et vide, Daya, accompagnée de ses filles, attend dans la fraîcheur du matin que le 115 opère un nouveau miracle. Ne parlant pas français et s’exprimant en peul, la maman dit avoir gagné l’Europe par la mer, au moyen d’une embarcation de fortune : «Je viens de Nouakchott, en Mauritanie, et j’ai traversé beaucoup de pays avec mes filles pour espérer un avenir meilleur en France», explique-t-elle en restant discrète sur le nom du pays par lequel elle est entrée en Europe et les moyens et aides dont elle a usé pour rejoindre la capitale française.

Epuisée par leurs changements répétitifs de chambres d’hôtels, la femme d’une cinquantaine d’années raconte ses tourments : «Nous enchaînons les galères depuis notre arrivée. Mes enfants mangent peu et mal. Et ils ne sont toujours pas inscrits à l’école, puisqu’on nous change constamment de lieu d’hébergement.» Autre problème auquel le 115 doit faire face : les hôtels que le service propose sont parfois vétustes, insalubres, avec un confort minimal rarement adapté à des familles avec enfants en bas âge.

Créer 13 000 places pérennes

A 9 heures, la Cafda ouvre ses grilles et déjà une dizaine de familles stationnent dans la cour du centre social, en espérant être reçues le plus rapidement possible. Parmi elles, des enfants, souvent très jeunes. La petite Aïssata (2) est de ceux-là. Elle a 10 mois, ne marche pas encore. Ce mardi, sa mère et elle viennent demander à la Cafda une nouvelle chambre d’hôtel au 115. Celle qu’elles doivent occuper ce jour n’a ni cuisine ni frigo. Inquiète pour leur confort, Aminata (2), la mère d’origine guinéenne et arrivée en France avec sa fille l’an dernier, sait que ce sera difficile pour elles d’obtenir un changement d’hôtel. «Les places sont difficiles à obtenir, on devrait se contenter de ce qu’on nous trouve mais je vais quand même essayer de changer parce que cette place ne nous convient pas. Je ne pourrais pas cuisiner ni stocker de la nourriture au frais. Ce sera difficile de s’alimenter convenablement», explique-t-elle, d’une voix épuisée.

En mars, la ministre du Logement, Sylvia Pinel, avait dévoilé un plan de réduction des nuitées hôtelières, avec un budget de 105 millions d’euros sur trois ans afin de créer 13 000 places d’hébergement pérennes. «Il ne doit y avoir aucune remise à la rue sans accompagnement et tout doit être fait pour assurer la continuité de la prise en charge des personnes, et notamment des familles», avait-elle déclaré. Mais en attendant que la mesure soit mise en place, les familles de Daya et d’Aminata, et la plupart de celles croisées à la Cafda, ont très peu d’espoir, avec la constante augmentation des demandes, de voir le 115 leur proposer un logement adapté et fixe.

(1) Etude réalisée sur 37 départements français.

(2) Les prénoms ont été modifiés.

Sala Sall

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Pâtir en vacances

Sala Sall, article publié sur Libération

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Précarité. Mila, Aïcha, Amélia et Kankou, toutes mères célibataires, font partie de ces millions d’adultes en France qui n’ont pas la possibilité de s’évader ne serait-ce que quelques jours de leur quotidien.

 

Ils sont plusieurs millions d’adultes en France, chaque été, à ne pouvoir partir ne serait qu’un jour ou une semaine. Organisée ce mercredi, la journée mondiale des «oubliés des vacances» doit permettre à 70 000 d’entre eux de s’évader pendant vingt-quatre heures. Le public : des mères célibataires cumulant difficultés matérielles et charges familiales. Des femmes seules avec leurs enfants qui, malgré la précarité, rêvent de repos au soleil, loin de leur quotidien.

Mila, 38 ans

Parmi elles, Mila (1), Malienne arrivée en France en 2011, ne partira pas en vacances. Trop cher, pour cette sans-papier qui a fui Bamako et son mari violent. Assise sur une chaise longue, cette femme souriante et calme, yeux en amande et queue-de-cheval, profite de Clichy Plage avec son fils. De ses parasols exotiques, de son sable fin et de ses canisses en paille, implantés sur 2 000 mètres carrés dans cette ville de Seine-Saint-Denis. «Pour oublier mon stress», glisse-t-elle. Ancienne Mulhousienne, Mila partait quelques fois en Allemagne ou en Belgique avec des amies. Désormais en région parisienne, il ne lui reste plus que la plage urbaine de Clichy-sous-Bois. Depuis son ouverture fin juillet, elle y passe plusieurs heures chaque jour avec son fils, au milieu d’une centaine d’autres mères de famille. «Ça me permet de m’évader un peu, et surtout de faire plaisir à Jibril, qui découvre des tas de choses ici. Ma force, c’est lui. S’il est bien, je le suis aussi.»

Avant de reconnaître, timidement : «Je rêve aussi de pouvoir m’offrir de vraies vacances, de pouvoir retourner dans mon pays natal, revoir ma famille et me replonger dans mes souvenirs d’enfance.» Ou, à défaut, «de découvrir les provinces françaises et de faire du shopping à volonté», rigole-t-elle. Bref, «penser un peu plus à moi». Un aveu difficile pour des inactifs, qui plus est en situation irrégulière. Même si, bien souvent, ceux-ci n’ont pas choisi cette situation.

Diplômée en couture, Mila tenait un atelier de confection de pagnes dans la capitale malienne lorsqu’elle a décidé, du jour au lendemain, de tout plaquer. «Mon mari me battait constamment. Un matin, j’ai décidé de fuir pour protéger mon enfant. J’ai quitté le Mali par peur qu’il me retrouve. Je suis venue en France, il y a quatre ans, grâce à mes économies et la vente de mes bijoux en or, légués par ma mère. Ça fait mal, mais j’ai fait ce sacrifice pour une vie meilleure », raconte-t-elle. Hébergée chez un tiers, elle «ne travaille pas». «Je garde parfois les enfants des voisins, mais comme je n’ai pas de papiers, ils me paient ce qu’ils veulent et quand ils veulent, sans que je puisse me révolter. Dans ces conditions, difficile pour moi de penser à autre chose, et notamment aux vacances», explique-t-elle, un vague sourire aux lèvres.

Aïcha, 34 ans

Un sourire qu’Aïcha (1), comme les autres femmes, tente de garder. A demi-allongée sur un des lits de la maison familiale, le visage poudré et les yeux soulignés au crayon noir, elle paraît radieuse. Mère de trois jeunes enfants, célibataire depuis un an, elle s’accorde une petite pause dans son quotidien. «Mes enfants sont au centre de loisirs et cet après-midi, j’en ai profité pour me reposer et me faire belle pour votre venue. Avec tous mes soucis, j’oublie de le faire. Aujourd’hui, c’était l’occasion», explique-t-elle.

Sans activité (elle touche 800 euros d’aides sociales), elle est retournée vivre chez ses parents avec ses enfants, à Sevran (Seine-Saint-Denis), après une expulsion de son logement, il y a un mois, pour cause d’impayés laissés par son ex-mari. Ses vacances, elle les passe à s’occuper de ses enfants, à chercher un toit et un nouveau travail. Seuls extra : quelques promenades dans les parcs avoisinants et des sorties à la piscine. «Il y a quand même des moyens d’occuper ses vacances et de faire plein de choses amusantes, même s’il faut se priver, notamment sur les vêtements. Mais si je sors peu, c’est d’abord parce que je n’ai pas le cœur à ça. Trop de soucis.» Avant de se confier un peu plus : «Rester vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec les enfants, c’est lassant. A force, ce n’est plus un plaisir, mais une obligation. Je rêve de sortir de ce quotidien, de pouvoir enfin me faire plaisir… J’ai besoin de plus m’occuper de moi, de prendre des congés.» Ses vacances idéales ? Dans n’importe quel pays, mais loin de la France, loin «de ce que je connais, dans un endroit où je pourrais me reposer et profiter de mes journées».

Amélia, 23 ans

Autre vie, mais même situation : Amélia est mère d’une fille de 5 ans qu’elle élève seule. Brune aux yeux verts et à la silhouette sportive, elle occupe un appartement à Bagneux (Hauts-de-Seine), où elle fait vivre sa petite famille grâce à de maigres prestations sociales (550 euros de RSA par mois). Une fois le loyer et les charges fixes réglés, il ne lui reste plus rien.

Les bons Vacaf, délivrés par la Caisse d’allocations familiales ? «Ça fait trois ans que je ne les utilise plus : la CAF prend en charge 70 % de ma location, mais pas les autres choses, comme l’alimentation ou le transport. Même aidée, je ne peux pas payer le reste.» Son dernier séjour remonte à 2013 : une semaine en camping avec sa famille, de doux souvenirs qui lui font regretter sa situation actuelle. «Je me sens un peu seule cette année, triste de devoir rester. Pour me consoler, je vais voir des amis, j’essaie de sortir beaucoup. Si j’avais pu partir, je serais retournée dans le Sud de la France, en camping.»

Comme l’an dernier, son été se résume à de longues journées au parc du Puits Saint-Etienne, où la municipalité de Bagneux organise sa «Copaca» annuelle. Un village d’activités pour petits et grands, aux allures de plage brésilienne. Installée face à la buvette du parc, autour d’une table colorée sous un parasol géant, elle papote avec ses trois copines, pendant que sa fille s’amuse sur un toboggan ou au bac à sable. «J’aime cet endroit. Je peux me détendre, retrouver mes amies et respirer un peu pendant que ma fille fait sa vie avec ses copains. J’y reste jusque tard pour profiter des concerts le soir. Il y a une bonne ambiance, je me sens un peu en vacances ici.»

Kankou, 43 ans

A quelques kilomètres, au nord-est de Paris, Kankou, mère célibataire, élève seule ses trois enfants. Séparée depuis 2010, elle vit à Villepinte (Seine-Saint-Denis) avec un temps partiel (600 euros) d’employée de cantine scolaire. Pour la quatrième année de suite, elle se prive de vacances pour ses enfants : «J’économise les autres mois de l’année pour qu’ils puissent partir l’été. En ce moment, mes deux plus jeunes sont en colonie de vacances et mon aîné au Japon. J’ai pu tout payer toute seule, sur mon salaire, l’argent de ma tontine [épargne collective, ndlr] et les bons Vacaf.» L’ex-mari ? «Il refuse de travailler légalement pour éviter de me verser une pension alimentaire.» Pour cette quadragénaire, dire stop à un mariage destructeur pour élever seule ses enfants, c’est déjà accéder à une forme de liberté. Même si elle avoue ne pas être contre des vacances au Brésil, «pour profiter des plages de sable fin et des hôtels aux vues magnifiques». En attendant de pouvoir un jour réaliser son rêve, elle continue de se lever chaque matin pour aller travailler, de bonne heure, à quarante minutes de chez elle. Même pendant l’été.

La journée des «oubliés»

Rendez-vous au pied de la tour Eiffel. Cette année, la traditionnelle journée des «oubliés des vacances», organisée par le Secours populaire, investit Paris. Cette 36édition célèbre les 70 ans de l’association. A cette occasion, l’événement devient mondial et s’ouvre à 70 pays à travers le monde. Des enfants palestiniens, béninois, péruviens, serbes, sénégalais ou encore grecs privés de vacances pourront profiter de vingt-quatre heures de fête et de jeux dans la capitale française. Au programme : chasse aux trésors dans les rues de la ville, pique-nique géant sur le Champ-de-Mars, animations musicales et artistiques, danses et concert surprise.

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Sala Sall

Du big data pour mieux cerner les pratiques touristiques

Quelle méthodologie et quels outils utiliser pour étudier le comportement des touristes à travers le monde ? L’équipe ICM du laboratoire de recherche GRIDSILV a trouvé la solution. Lors d’une conférence sur l’Open Data à l’université de Cergy-Pontoise (95), des membres de l’équipe ont présenté leur projet.

Data-BaseSpécialisé en images et contenus multimédias, le laboratoire GRID SILV (Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Sciences de l’Ingénieur Léonard de Vinci) travaille sur les technologies autour des données numériques. A cette occasion, ses chercheurs se sont penchés sur la question épineuse des moyens d’étude du comportement des voyageurs (saisonnalité, fréquentation et mouvements) aussi bien à échelle locale que mondiale.

Analyser de manière précise les habitudes touristiques de millions de personnes est un travail de titans. L’idée de GRIDSILV, pour simplifier la tâche tout en restant très précis, est simple : utiliser les traces numériques laissées par les internautes qui visitent monuments et sites touristiques à travers le monde.

Pour y parvenir, ils ont récupéré les données des partages de photos des internautes en ligne (type de photos, endroit, localisation, événement, moment…) sur flickr, Panoramio et Instagram. A partir de ceux-ci, ils ont constitué une riche base de données composée de dates, de lieux et d’heures précises auxquels les photos ont été prises et les monuments et/ou paysages que contiennent les clichés.

En travaillant avec des outils de reconnaissance photographique et d’extraction de flux de données, ils ont pu arriver à interpréter ces informations brutes et à les organiser sous forme de cartographie interactive, disponible librement sur un site web  créé pour l’occasion : Earthmapper.org

Capture écran de Earthmapper.org - Représentation géographique du flux de partage sur Flickr, en Ile-de-France

Capture écran de Earthmapper.org – Représentation géographique du flux de partage sur Flickr, en Ile-de-France

Capture écran de Earthmapper.org -  Heatmap représentant le nombre de photos géolocalisées dans la base de données de Panoramio, pour l’Océanie

Capture écran de Earthmapper.org – Heatmap représentant le nombre de photos géolocalisées dans la base de données de Panoramio, pour l’Océanie

L’avantage de la représentation cartographique réside dans le fait de pouvoir jongler avec une grande quantité de données et de pouvoir tous les faire figurer dans un même schéma afin que l’internaute s’y retrouve plus facilement.

Un beau projet qui prouve qu’il est possible de se servir de données numériques géolocalisées faciles d’accès via les réseaux sociaux, au service d’études sociologiques ethnographiques.

Sala Sall

La grande toile de la manif pour tous

La Manif Pour Tous défile dans les rues de Paris - Wikimédia Commons

La Manif Pour Tous défile dans les rues de Paris – Wikimédia Commons

Quels sont les réseaux de la manif pour tous dans la toile et quelle étendue possèdent-ils ? Une question éclairée par la cartographie des sites internet qui tournent autour du mouvement.

 

Cartographie du réseau internet de la Manif Pour Tous

Cartographie du réseau internet de la Manif Pour Tous

LÉGENDE :

Religion  : 35,29%

Politique : 19,61%

Famille et enfance : 13,73%

Manif Pour Tous : 19,61

Institutions : 6,86%

Droit des homosexuels : 3,81%

Extrême Droite : 0,95%

Le 23 avril dernier, « le mariage pour tous » était adopté à l’Assemblée Nationale. Autour de cet événement, nombre d’opposants ou de partisans ont défilé dans la rue. Sur la toile aussi, ils ont mené campagne pour ou contre cette loi qui divise les français.

A partir d’une recherche Google autour de la « manif pour tous », voici une cartographie mettant en évidence les réseaux d’influence entre les sites internet qui renvoient à la mouvance.

105 sites répertoriés comme ayant des liens et/ou renvoyant (volontairement ou non) vers le mariage pour tous. Parmi eux, trois principales pages qui s’organisent en réseaux d’influence se dégagent nettement : lamanifpourtous.fr, l’assemblée-nationale.fr et les associations familiales catholiques. Elles sont structurées autour de plusieurs thèmes principaux. Zoom sur ces derniers.

Une thématique religieuse qui domine

35,29% sont des pages web en lien avec la religion catholique, en grande majorité.

On y trouve des sites dédiés à des papes comme Benoit-et-moi.fr, des pages consacrées à la foi catholique comme la bibliothèque catholique en ligne : catho.org, des associations humanitaires religieuses comme Le secours-catholique, des boutiques religieuses en ligne comme produits-monastiques, des pages politiques catholiques comme catholiques-en-campagne et pour finir, on dénombre des sites religieux d’actualités comme lavie.fr. Ils s’organisent tous autour d’un site pivot : les associations familiales catholiques, qui a la particularité d’être religieux et « pro-famille à la fois ». Ainsi, de la pratique spirituelle à l’actualité en passant par la politique et la famille, bon nombre de pages dont le champ idéologique est religieux ont des liens qui pointent vers les sites liés au mariage pour tous. Ce qui n’est pas une surprise quand on sait que l’Eglise catholique, notamment, a mené campagne pour que le projet de loi ne soit pas adopté.

Les politiques au cœur du réseau

Autre grande thématique représentée dans notre carte : la politique. 19,61% des sites que nous avons cartographiés sont à caractère politique. En rouge, ils sont plusieurs à tourner autour du sujet de la « manif pour tous ». Leur particularité est qu’ils sont tous majoritairement de droite, plus précisément de l’UMP. Certains sont facilement identifiables comme UMP-ile-de-France.fr, la Droite forte, ChristianVanneste (Président de Famille et Liberté), Valériepécresse, Hervémariton, et Yannickmoreau, qui sont des sites de groupes ou de personnalités politiques de droite. D’autres sites, moins officiels, avec moins de poids (représentés par des pastilles plus petites sur la carte) comme hollande démission, abroger Taubira, carton rouge pour Taubira et je-suis-stupide-j’ai-voté-hollande, qui s’opposent clairement là aussi au gouvernement Hollande.

Certains sites référencés comme politiques dans notre cartographie, ont la particularité de militer pour la famille et l’enfance comme le collectif des maires pour l’enfance, par lequel transitent de nombreux liens autour de la manif pour tous. On peut citer aussi l’Entente parlementaire pour la famille qui n’hésite pas à se présenter comme « rassembl(ant) des députés et des sénateurs soucieux de la promotion de la famille et de la protection de l’enfant ». Et enfin, quelques mouvements de révoltes comme le printemps français, toujours proche de la droite.

Ainsi, les sites politiques apparaissent sur notre cartographie comme étant assez bien structurés (ils tournent tous autour de la même mouvance).

« La manif pour tous » comme lien central

Le site officiel de « la manif pour tous » est le principal réseau pivot de notre cartographie. Articles, pétitions, discussions…le site représente une grande source d’information. Autour de lui, les pages qui ont pour thème le mouvement, sont assez bien structurés avec de nombreux liens qui font le trait d’union entre toutes les mouvances présentes sur le schéma. Leur particularité est qu’ils ont pour la plupart des noms qui se terminent par « pour tous ». Ce qui joue un grand rôle dans leur référencement et permet de les lier facilement entre eux et les autres communautés.

Sa place centrale est due à sa stratégie qui est de s’appuyer sur religieux, défenseurs des enfants et/ou de la famille ainsi que politique pour avoir plus de poids face à la loi Taubira. A lui tout seul, il explique la présence des autres thématiques dans notre cartographie.

La présence des thématiques famille et enfance et institutions

Les pastilles en bleu turquoise représentent les sites dont le sujet est lié à la famille et l’enfance. On trouve aussi bien collectif pour l’enfant, en marche pour l’enfance, psycho-enfants et collectif pour la famille. Beaucoup d’entre eux sont anti-PMA et adoption des couples homosexuels ce qui explique leur présence dans notre cartographie. Ils font le lien entre plusieurs principales communautés comme les politiques et les religieux.

 

Concernant la thématique des institutions, l’Assemblée Nationale fait office de second réseau pivot. Représentées en noir, les grandes instances tournent autour de sites politiques, pros-mariage-pour-tous et enfance-et-famille, ils possèdent une assez forte influence malgré leur petit nombre.

 

Una absence de lien avec l’extrême droite

 

Un seul site lié à l’extrême droite est référencé sur la cartographie. Il s’agit de français de souche, en jaune, en bas de la carte. Non connecté aux autres catégories, il est isolé.

 

Une faible présence de sites pour les droits des homosexuels

Seul 3,81% des sites référencés dans notre cartographie militent en faveur du mariage pour tous. Parmi eux, un seul possède un lien vers un site religieux. Il s’agit du blog homo pas gay qui traite, entre autre, de la religion.

Notre cartographie démontre que le mouvement de « la manif pour tous » sur la toile est très dense avec de nombreux réseaux qui l’entourent et la soutiennent : aussi bien les politiques, les religieux que les défenseurs de la famille. Ils militent tous pour la même cause : l’abrogation de la loi.

Sala Sall

 

A la rencontre du député Jean Lassalle

Le député Jean Lassalle - Assemblée Nationale

Le député Jean Lassalle – Assemblée Nationale

Après son tour de France en 2013, Jean Lassalle a entrepris début mai un tour d’Europe afin de sonder les citoyens de l’Union et recueillir leurs témoignages, leurs craintes et leurs espoirs concernant le vieux continent. De retour à l’Assemblée nationale fin mai, le député centriste a tenu une conférence de presse. Je suis allée à sa rencontre avec la caméra de la Télé Libre.

   « Mais où est la France? Qu’est devenue la France? », ça je l’ai entendu dans tous les pays où je suis passé. »

Grand montagnard, amoureux des paysages, le député centriste des Pyrénées Atlantiques a entamé sa randonnée européenne le 03 mai 2014. Il est revenu le 21 mai avec dans son sac à dos les attentes, les maux, les craintes et les souhaits des Européens qui ont croisé sa route. Il a tenu une conférence de presse dans les locaux de l’Assemblée Nationale pour raconter son périple.

Une curiosité débordante, un amour de l’humain, une grande générosité…, le Béarnais devenu célèbre suite à ses actions politiques (grève de la faim, chant régional dans l’hémicycle…) possède plus d’un atout qui lui permettent d’entreprendre des voyages à travers villes et campagnes à la rencontre de citoyens. « J’aurais pu être un artiste », laisse-t-il échapper lorsqu’il décrit sa personnalité. Homme de la nature, ancien berger, il est l’un des députés de l’hémicycle les plus insolites. Dans un costume gris taupe, le député aux grandes mains, mesurant plus d’1m90 raconte avec humour, humilité et naturel sa vision de la politique et de l’Europe. Il se définit lui-même comme un « pacifiste-combattant qui n’hésite pas à agir ‘hors-norme’ »

Après un tour de France, un tour d’Europe

Parti de Londres le 03 mai dernier, il a parcouru près d’une douzaine villes en plusieurs semaines. Il a rencontré plusieurs familles mais aussi des hommes et femmes politiques en campagne comme Angela Merkel ou Martin Schulz. Et son constat est amer : l’Europe ne fait plus rêver les Européens, pire, elle les effraye et ils ne s’y retrouvent pas ou plus.

Mercredi 21 mai dernier, dans le bureau 6 de l’assemblée Nationale, Jean Lassalle dressait un portrait de l’Europe qui va mal tout en parlant de son action avec, à ses côtés, le président du Comité économique et social européen (CESE), Henri Malosse.

   « Les pays ont le sentiment d’être assis entre deux chaises, et donc au final sur aucune. Ils n’ont pas encore tourné la page de l’histoire de leur propre pays, mais n’ont pas l’impression non plus que l’Europe ait pris le relai. »

Pour lui, ils « doivent retrouver des moyens d’action pour qu’ils puissent se reconstruire. » Et dans son constat, il va plus loin en pointant du doigt plus généralement les agissements de la classe politique qui, selon lui, devrait changer sa manière de faire en revenant à « plus d’humilité et de sincérité ».

Liste des capitales parcourues par le député

Liste des capitales européennes visitées par Jean Lassalle durant son Tour d'Europe

Liste des capitales européennes visitées par Jean Lassalle durant son Tour d’Europe

Journaliste : Sala Sall
Caméraman : Jules-Antoine Bougeois
Monteuse : Mars Lefébure
Musique : Thibault Pomares

Liens :

Le site du « Député qui marche« 

Bring Back Our Girls à Paris

Des manifestantes à Paris en soutien aux jeunes lycéennes enlevées par la secte Boko Haram

Des manifestantes à Paris en soutien aux jeunes lycéennes enlevées par la secte Boko Haram

Né sur les réseaux sociaux, le mouvement Bring Back Our Girls (« ramenez nos filles ») se poursuit et investit désormais les rues de la Capitale. Mardi soir, plusieurs associations féministes ont organisé un rassemblement symbolique sur le parvis des Droits de l’Homme, Place du Trocadéro à Paris, pour exiger la libération des jeunes filles nigérianes enlevées par le groupe terroriste Boko Haram. Je me suis rendue sur place avec Pierre Fourchard et la caméra de la Télé Libre.

Boko Haram : « l’éducation occidentale est un péché »

Femmes d’origine africaine et mère de familles sont venues témoigner leur colère, leur soutien et leur sentiment de révolte par des coups de gueule, banderoles, chants et slogans revendicatifs. Elles souhaitaient s’exprimer pour leurs sœurs et mères qui subissent les conséquences de la guerre et de l’insécurité en Afrique. Et elles n’ont pas hésité à faire entendre leurs voix pour lutter à leur manière contre ce qu’elles qualifient de « barbarie sans nom », ou encore « d’attentat contre la femme ».

Le 14 avril dernier, 223 lycéennes ont été enlevées dans le Nord-est du Nigeria par la secte islamiste terroriste Boko Haram dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché ». Dans le Nord de ce pays en proie à des affrontements entre l’armée et des groupes terroristes, la population souffre de l’insécurité et de la confusion politique qui règne.

Après une nouvelle vidéo ce lundi d’Aboubakar Shekau, le chef de Boko Haram – qui déclare qu’il vendra les jeunes filles après les avoir converties à l’islam – des associations féministes ont décidé d’organiser une manifestation pour que le mouvement de révolte ne faiblisse pas.

« Je pense à mes enfants, et si c’était eux, comment j’aurais fait ? »,

Parmi les militantes présentes, Angela, la quarantenaire et d’origine nigériane, venue témoigner sa solidarité aux jeunes filles kidnappées. Une pancarte « sécurisez le chemin de l’école ! » à la main, elle scande des chants patriotiques avec le petit comité de soutien nigérian. Née dans le Sud du Nigéria, elle y agrandi jusque l’âge de 26 ans avant d’émigrer en France où elle vit désormais. Elle connait les problématiques auxquelles sont confrontées les femmes nigérianes dans le Nord du pays.

Non loin de là, Damarys, Awa et Maguy, chantent en coeur : « Rendez-nous nos filles, maintenant et tout de suite ! ». D’origines ivoiriennes et camerounaises, elles ont aussi tenu, en tant que mères, à témoigner leur douleur.  Awa, irritée, enrage en fin d’interview : « Ils ne s’en tireront pas comme ça, c’est nous qui les écraserons ! »

L’émotion est grande pour toutes ces femmes choquées et peinées par cette tragédie qui hante leur Afrique.

Ailleurs dans le monde, la mobilisation continue. Bring Back Our Girls a pris une dimension politique et people. Carla Bruni Sarkozy, Valérie Trierweiller ou encore Christiane Taubira, Alexandra Lamy et bien d’autres personnalités féminines à travers le monde ont emboîté le pas de Michelle Obama qui avait été la première le 07 mai dernier à reprendre le slogan sur une photo qu’elle a diffusée via son compte Twitter. Désormais, toutes s’unissent derrière le mouvement pour que les jeunes filles soient libérées au plus vite.

 

D’autres manifestations et mobilisations auront lieu dans les jours à venir, notamment ce samedi 17 mai à 15h, toujours sur le parvis des Droits de l’Homme à Paris.

Journaliste : Sala Sall
Images : Pierre Fourchard
Montage : Thibault Pomares

 

Sans voix mais pas sans vote

Un bulletin de la liste des "Sans-vois", lors du 1er tour des municipales 2014

Un bulletin de la liste des « Sans-vois », lors du 1er tour des municipales 2014

C’était la cinquantième des 60 propositions du candidat Hollande. Le droit de vote aux étrangers n’est toujours pas d’actualité à l’heure où se déroule les municipales. Pour tenter de changer la donne, la liste des sans-voix mène une campagne pour permettre à tout étranger qui le souhaite de voter.

En mai 2013, François Hollande a officiellement renoncé au vote de la loi qui devait permettre aux étrangers de voter aux élections municipales 2014. Ce droit ne devait concerner que les personnes titulaires d’une carte de séjour et résidents en France depuis au moins cinq ans.

Pour dénoncer cela et faire pression sur le gouvernement, une centaine de défenseurs des droits civiques a décidé de dédier la journée du dimanche 23 mars à l’organisation de faux bureaux de vote. Ils mènent symboliquement leur combat dans le 18ème arrondissement de Paris où plus de la moitié des jeunes mineurs ont des parents qui n’ont pas le droit de vote.

Une liste invalidée mais le combat continue

Des militants de la liste des Sans-Voix, devant l'urne factice installée dans le 18ème arrondissement de la capitale

Des militants de la liste des Sans-Voix, devant l’urne factice installée dans le 18ème arrondissement de la capitale

Dès 11h, un groupe de militants des sans-voix a installé symboliquement quatre urnes en plastique devant les stations de métro : Château Rouge, Marx Dormoy, Clignancourt et Jules Joffrin. Le 6 mars dernier, les sans-voix avaient monté une liste électorale composée de 45 candidats dont 28 étrangers de 11 nationalités différentes. Après son dépôt, le préfet de Paris l’a refusé au motif « qu’elle comprenait des ressortissants extra-européens ».

Mais pas question de baisser les bras. Fofana, un sans-papiers d’origine ivoirienne, agent d’entretien et Viktoria, une Hongroise mère de famille et militante chevronnée, accompagnés de quelques bénévoles, ont tenu le faux bureau de vote aménagé Porte de Clignancourt.

« De Pompidou à Hollande, personne n’a rien fait… »

Après s’être fait une petite place entre les vendeurs de DVD à la sauvette et les bonneteurs du marché aux puces, l’équipe accueille déjà les premiers passants.

Un votant remplit sa fiche électorale

Un votant remplit sa fiche électorale

Parmi eux Hocine, peintre en bâtiment, qui sera le premier à déposer un bulletin de vote dans l’urne symbolique. Depuis plus de 40 ans, ce sexagénaire a rejoint la France à l’âge de 16 ans. Toujours sans-papiers, il travaille au noir comme peintre en bâtiment et aujourd’hui pour la première fois de sa vie, il dépose un bulletin dans une urne.

« Je suis ému. Ça me fait grand plaisir de voir ce genre d’action. J’ai connu différents présidents de la République de Pompidou à Hollande et tous n’ont rien fait pour nous ».

Il repartira avec sa carte électorale factice délivrée par les militants à l’issue de son vote.

« Qu’ils aillent voter chez eux »

A 12h30, seulement quatre personnes ont voté mais des centaines de tracts ont été distribués, des sourires et des points de vue échangés avec les nombreux piétons de la rue très fréquentée.

Une des urnes mise en place par l'association

Une des urnes mise en place par l’association

A proximité de l’urne, un homme brun d’une soixantaine d’années, visiblement excédé, interpelle quelques militants : « Si les immigrés n’ont pas le droit de vote en France, c’est normal. Qu’ils aillent voter chez eux ! » Une discussion intense s’installe. « Trouvez-vous normal qu’une personne qui vit en France depuis de nombreuses années, qui participe à la vie du quartier, paye son loyer et ses impôts, a ses enfants qui fréquentent l’école du quartier, n’ait pas le droit de prendre part au choix du maire ? », lui répond un militant. L’homme finira par s’en aller sourire taquin aux lèvres.

Le reste de la journée sera tout aussi mouvementé avec d’autres interpellations mais aussi d’autres votants. « On demande aux étrangers de s’intégrer sans leur donner le droit de voter. Ce n’est pas normal », lance une femme française, solidaire au mouvement.

Une autre, d’origine algérienne s’approche. « Ça fait plus de quarante ans qu’on est ici et on n’est toujours pas intégré. Nos enfants aussi, on a perdu tout espoir », invective-elle, en colère.

« …la France, pays des droits de l’Homme… »

Un débat s'installe entre un passant et les militants qui tiennent l'urne Porte de Clignancourt (Paris, 18ème)

Un débat s’installe entre un passant et les militants qui tiennent l’urne Porte de Clignancourt (Paris, 18ème)

Un peu plus tard, c’est un autre homme irrité qui lâche : « La France n’a pas besoin de ça », en reposant un tract sur la table. Des mots qui peuvent blesser des personnes ne demandant qu’à avoir les mêmes droits que des millions d’autres avec lesquelles elles partagent les mêmes devoirs.

Mais les militants sont tenaces et motivés. Comme Miloud Rtibi, 3ème de la liste des sans-voix. Ce Marocain de 47 ans, vit en France depuis plus de 10 ans et exerce le métier de fleuriste dans la capitale. Il souhaite porter haut et fort les valeurs qu’il défend coûte que coûte. « Pour une nation comme la France qui se dit pays des Droits de l’Homme, c’est une honte de ne pas donner à tous les mêmes droits. Le racisme commence là où on accepte les inégalités », explique-t-il tout en distribuant ses tracts électoraux.

Au total, dans le bureau de vote Porte de Clignancourt, ils feront voter plus d’une cinquantaine de personnes.

Vers 19h, c’est le dépouillement général. 701 bulletins récoltés pour la liste des sans-voix dans l’ensemble des urnes mises en place. « On a lu beaucoup d’espoir dans le regard et le sourire de ceux à qui nous avons permis de voter, c’était très touchant et c’est cela l’essentiel de notre combat aujourd’hui », confie une militante française, émue, à la fin de la journée.

« Si on avait fait le calcul, il y aurait eu pas loin de 10500 voix à compter en plus dans les résultats du premier tour des Municipales, ce qui n’est pas rien », crie un autre bénévole.

Les affiches de la liste des Sans-voix

Les affiches de la liste des Sans-voix

Désormais, reste à savoir si le gouvernement prendra en compte ces chiffres en faisant tout pour aller chercher le nombre de députés manquants afin de faire passer le projet de loi.

En légalisant le vote des étrangers aux élections municipales, la France pourrait ainsi rejoindre ses voisins Belges, Irlandais ou encore Suédois qui ont déjà sauté le pas.

Liens :

– Site de la Liste des Sans-Voix

– Article Le Monde : A Paris, les Sans-voix revendiquent le droit de vote

– Article Métronews : Droit de vote des étrangers : l’impossible promesse de Hollande